Le patrimoine

L'histoire

Aussillon est un site probablement aussi ancien que le village voisin d'Hautpoul mais aucun document ne l'atteste. La première mention d’Auxillou ou Auxilhou date de 1060, lorsque son seigneur prête serment d’allégeance au Vicomte de Lautrec. Durant le Moyen Age et jusqu’au XVIII° siècle, le sort d’Aussillon est lié à celui de la famille Hautpoul.

Le "château" d'Aussillon était plutôt une maison forte  servant de base à un groupe de soldats et de refuge pour les habitants en cas de dangers. La porte d'entrée donnait sur une cour cernée de murailles, avec un puits au centre, aujourd'hui comblé.  Le site intérieur est maintenant transformé en maisons d’habitation. Plusieurs frontons et fenêtres ont échappé aux destructions. Les armes de la maison de Mauléon, que Georges d’Hautpoul fit graver sur deux linteaux  dans la seconde moitié du XVIe siècle, sont encore visibles.

Le village primitif

Il s'est développé au nord du château. Il était entouré de murailles de protection avec deux portes dont l’une existe encore. Ces murailles de protection servaient d’assise aux maisons contiguës, qui ne possédaient pas d’ouvertures vers l’extérieur, tout au moins en rez-de-chaussée.

Porte extérieure de la villeMaison rempart

Dès la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle, l’augmentation de la population entraîne un développement hors les murs du  village primitif. La « ville basse » commence à se former peu à peu, les premières maisons se construisent près de l’enceinte fortifiée et le long du chemin allant vers Mazamet. Plusieurs faubourgs, ou barrys en occitan, se constituent, notamment «Al Théron» et «Al Crabial» entre le ruisseau de la Môle et celui d'En Ravaille.

Maison colombage

A partir du XVIII° siècle, l'histoire d'Aussillon est de plus en plus intimement liée à celle du bassin mazamétain. L'activité textile complète les revenus des paysans qui filent et tissent pour les marchands fabricants. En 1851 les premières peaux sont importées d'Argentine et Joseph Poursines réussit à séparer la laine du cuir. L'essor industriel est  spectaculaire: dès la fin du siècle Mazamet est considérée comme la capitale mondiale du délainage.

Condition publique

La Condition Publique, fondée en 1899 à proximité de la gare par Charles Sabatié. Cette structure met en place des procédures pour garantir la qualité des balles de laine aux acheteurs et aux vendeurs. Le bâtiment abrite aujourd'hui une coopérative agricole

Durant l’entre-deux guerres, Aussillon plaine, jusqu’alors considérée comme la banlieue résidentielle des riches mazamétains, s’urbanise. Les industriels et commerçants aussillonnais et mazamétains font édifier de belles demeures. Certains investissent dans des propriétés agricoles.vSymboliquement, l’hôtel de Ville quitte le village et « descend » s’installer dans la maison Delattre.

 

Verrière

Les Magasins Généraux, construits en 1923-1924, offraient de vastes espaces de stockage. Sous la verrière en fonte, la laine et le cuirot sont chargés et déchargés avant expédition.

 

 

Maison de maître

Une demeure des années Trente, boulevard de la Mairie :

Tour d'irrigation

Tour d'irrigation édifiée pour irriguer le domaine de la Rougearié

 

Le château du Thoré

Le château du Thoré, bâti à la fin du XIX° siècle par l'architecte J. Pheulpin pour Armand Puech, est inscrit aux monuments historiques depuis 2007. Le parc à l'anglaise, avec sa pièce d'eau et son île, présente un réseau élaboré d'assainissement d'anciens terrains marécageux.

Armand Puech (1846-1917) est l'inventeur d'un système de filtration des eaux adopté par de nombreuses villes (Paris, Londres, Saint-Pétersbourg, Tiflis…) Son  beau-frère Arthur Battut réalise une des premières photos du château du Thoré.

La croissance démographique et urbaine reprend après-guerre et culmine dans le années 70. Pour répondre aux besoins urgents de logements, une ZUP est créée dans le quartier de La Falgalarié, dans les années 60. Les métairies sont progressivement noyées au milieu des tours et lotissement emblématiques de cette époque.  Aujourd'hui, cet espace, multi-ethnique, est en pleine reconversion urbaine.

L'église du Sacré Coeur de Bonnecousse. Inaugurée en 1959, elle témoigne par son architecture audacieuse, de la vitalité de la commune dans l'après-guerre

Conçue par l'architecte Joseph Belmont avec le concours des ingénieurs Jean Prouvé et Serge Ketoff, l'église de Bonnecousse est un bel exemple de l'architecture religieuse du milieu du XXe siècle.

Le clocher est séparé de l'édifice et surmonte une petite butte à droite du porche. L'intérieur, baigné de lumière, donne une grande impression de légèreté grâce aux piliers métalliques très fins qui supportent la toiture et à la grande parois de verre qui couronne les murs de tous côtés. Une belle Vierge à l'enfant aux yeux bridés, œuvre de Mme Belmont, souligne l'influence de l'Asie sur l'architecte et son épouse. Le baptistère est orné de vitraux du peintre-verrier Henri Guerin.

L’église du Sacré-cœur de Bonnecousse est classée  Monument Historique depuis 2001 au titre du patrimoine du XXe siècle. Elle appartient à une association.

Le patrimoine naturel : la forêt

La forêt couvre environ 40% du territoire communal, depuis les hauteurs de Puech d'En Blanc (810m) jusqu'aux abords du village (310m). C'est une forêt relativement récente, liée au dépeuplement de la montagne. Le taillis de châtaigniers qui domine en partie basse a supplanté les jardins en terrasse et les châtaigneraies à fruit. Plus en altitude, les grands reboisements résineux de la deuxième moitié du XX° siècle ont remplacé les landes, champs et prairies.

Régulièrement exploitée surtout dans sa partie supérieure, cette forêt produit des bois de qualité et participe ainsi à l'essor de la filière bois. Elle est indispensable au maintient des sols pour atténuer les caprices dévastateurs du ruisseau d'Aussillon. Elle offre aux sportifs et promeneurs un vaste espace de loisirs. Au hasard des balades, on rencontre les traces d'une époque où la forêt était beaucoup moins étendue et la montagne beaucoup plus habitée : ruines d'anciennes métairies : Donadille, La Frucharié, d'anciennes bergeries, pesquières et béals qui permettaient de domestiquer l'eau.

1 - Le refuge de La Frucharié : il se trouve à l’emplacement de la porcherie de l’ancienne métairie .

2- Une des nombreuses pesquières que l’on croise le long des sentiers.

3- La croix de Nayral, au dessus du village. Un curieux monument, peut-être un dolmen christianisé ?